Le douzième homme

Le douzième homme était atteint d’une maladie incurable. Elle était d’un type très particulier. Il s’agissait d’une croissance accélérée de son cerveau. Cette croissance avait pour effet d’augmenter de façon considérable le volume de sa boîte crânienne. Il en résultait un nombre de connexions de neurones supérieur à tout ce que la science avait pu prédire. Le douzième homme avait des facultés mentales au-delà de l’imagination. Il était l’exemple vivant que l’esprit était sans limites.
Mais si l’esprit était sans limites, il n’en allait pas de même pour son crâne. La croissance ne ralentissait pas au fil des ans, et pour la freiner, on avait vissé deux broches dans sa tête. Mais ce subterfuge ne fonctionnait pas. Ce que le cerveau avait perdu en volume, il allait le gagner en densité, augmentant encore plus les facultés du douzième homme. Il possédait l’intelligence des chiffres, avait une mémoire inoxydable, parlait tous les langages et connaissait le secret de la télépathie.
Après trois générations d’études, les médecins en arrivaient à une conclusion des plus étranges. Il s’avérait que le phénomène avait été déclenché par le siège de la conscience. Celle-ci s’était élevée à un autre état. Elle avait pris conscience d’elle-même et était entrée dans un cercle sans fin, où chaque cycle de conscience permettait une évolution plus importante du cerveau. Les causes en restaient inconnues, mais les médecins avançaient une théorie audacieuse pour expliquer la fin du phénomène. Le dernier cycle de conscience serait atteint lorsque les connexions des neurones permettraient de calculer l’équation ultime, celle de toutes choses, celle de la vie. Si cela devait arriver, le douzième homme connaîtrait ce qui fut et ce qui sera… S’il atteignait ce stade, il serait en mesure de connaître le grand secret…

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Les générations oubliées