Le septième homme

Le septième homme était le plus dépendant de son environnement.
Il était né au pôle sud, à l’époque où la planète ne connaissait que des conditions défavorables à toute apparition de forme vivante ; lors d’une nuit de violents orages. Le climat de cette lointaine période avait influencé considérablement son rythme biologique ; et les éclairs incessants de l’époque s’étaient complètement accaparés son corps.
Toute sa physionomie en portait l’héritage.
Depuis, il vivait en symbiose avec son environnement. C’était un homme électrique. Sa “marque” était cette excroissance osseuse, plantée sur son crâne mou et difforme. Aiguisée comme une aiguille, elle attirait la foudre à la manière d’un paratonnerre. Ces décharges électriques étaient l’énergie vitale qui rechargeait ses pensées et son corps. La nature réservait bien des surprises, et parfois les plus étranges des unions.
La vie du septième homme, réglée sur la fréquence des éclairs allait cependant être de plus en plus affectée. En effet, après un nombre inconcevable de générations, le climat des origines s’apaisa progressivement, les éclairs firent place à la douceur de l’air.
Le septième homme se déchargea totalement. Son corps, ses pensées devinrent fossiles.
Pourtant certains récits parlent encore d’une mystérieuse silhouette, qui ne se baladerait que par des nuits de violents orages, lorsque aucun homme ne s’aventure dehors.
Mais personne n’en est certain, car cette silhouette ne se découperait qu’au contact de la foudre et du sol, éblouissant alors dans un spectacle de lumière intense l’observateur inquiet.

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Les générations oubliées